Par quoi remplacer Facebook, Twitter, Whatsapp… ?

Vous quittez les réseaux sociaux comme Twitter, Instagram, Facebook, Tiktok, Snapchat, Whatsapp ou Youtube et cherchez LA liste des alternatives ?

Depuis quelques semaines, suite notamment à la censure de nombreux comptes sur Twitter, au changement prévu des conditions d’utilisations de Whatsapp (et la belle pub d’Elon Musk à ce sujet) ou à l’arrêt de l’hébergement de Parler par Amazon (AWS) je reçois pas mal d’emails et de messages me demandant LA bonne recette, LES bons outils.

Ces derniers jours j’ai vu circuler des listes, des images incitant à quitter tel outil pour le remplacer par tel autre… Comme s’il n’existait qu’une ou deux solutions pour chaque usage.

Je vous invite à regarder des outils libres et ouverts (des logiciels au code source ouvert, on parle aussi de FOSS) et décentralisés (où des instances peuvent être installées partout, y compris par vous-même).

Plutôt que des outils (qui peuvent changer) je préfère conseiller de se poser quelques questions avant d’opter pour un nouvel outil :

  • Pourquoi vais-je utiliser cet outil ?
  • Le code est-il accessible ?
  • Qui gère cet outil ?
  • Comment transitent mes données ?
  • S’il s’arrête, est-ce que je peux facilement récupérer mes données

Et de faire ensuite son choix en connaissance de cause 🙂

Edit (21/01/20)

Arkhi me rappelle l’existence d’Exodus Privacy un outil bien pratique pour vérifier les applications android que vous installez sur votre téléphone.

Exodus vous permet d’identifier les pisteurs contenus dans les app et de choisir en connaissance de cause les applications les plus respectueuses de votre vie privée.

2021… Et si nous passions massivement hors-GAFAM ?

Pour commencer l’année, je vous propose 2 videos que je trouve intéressantes pour mieux comprendre le danger des GAFAM et les alternatives possibles.

Il y a 7 ans déjà je parlais de réduire ma dépendance au GAFAM. Depuis 7 ans les alternatives se sont multipliées et il est aujourd’hui beaucoup plus facile d’effectuer techniquement la bascule.

Avec la crise COVID, les usages en distanciel se sont développés en 2020 et des solutions libres et ouvertes comme Nextcloud, BigBlueButton ou Mastodon ont gagné en popularité. Mais nous sommes loin d’un raz de marée : des appli comme Drive, Zoom, Instagram ou WhatsApp sont nettement plus populaires.

Le contrôle de nos données numériques semble être quelque chose de très abstrait pour beaucoup d’entre nous.

En décembre 2020, le magazine Kaizen a sorti en partenariat avec Zenika un hors-série spécial « Numérique responsable » où de nombreuses pistes sont proposées.

Couverture du hors-série Kaizen-Zenika

A côté de ça, je vous invite également à la lecture du livre « Contre l’alternumérisme » de Julia Laïnae et Nicolas Alep qui proposent une démarche encore plus radicale.

N’hésitez pas à mettre en commentaire de ce billet vos réactions suite au visionnage de ces videos.

Un grand agenda photo interactif (et bien plus) pour personnes âgées

#prototype
#grand écran + raspberry + yunohost
#opensource
#libre et ouvert
#niveau difficulté : moyen

Ce billet concerne un projet né suite au premier confinement COVID de 2019. Ma maman de 86 ans n’était plus en capacité d’utiliser son ordinateur. Elle ne s’était jamais sentie à l’aise avec une tablette et nous recherchions un moyen de partager quelques nouvelles avec elle en plus des appels téléphoniques.

Comme je l’explique notamment ici, je ne suis pas développeur. Juste un utilisateur un peu curieux. Ce qui est proposé ici est un prototype composé de briques matérielles et logicielles déjà existantes.

Les retours que j’ai eus de la part de professionnels accompagnant des personnes âgées présentant des troubles cognitifs m’amènent à croire qu’un tel dispositif est aujourd’hui bienvenu.

Je ne peux qu’inviter des personnes plus expérimentées ou des écoles d’informatique et de design à creuser des solutions plus simples à mettre en œuvre et facilement personnalisables tout en restant dans l’esprit du logiciel libre.

Le contexte

Une famille géographiquement dispersée utilisant quotidiennement les outils numériques (téléphone, ordinateur) et une personne âgée (bénéficiaire) qui avait l’habitude de recevoir des emails avec des photos et qui n’est plus en mesure d’utiliser son ordinateur ou une tablette.

L’idée est née d’un écran piloté par 1 ou 2 membres de la famille (administrateurs) et dont les informations affichées viendraient de l’ensemble des personnes (utilisateurs) autorisées depuis leurs outils habituels. Une sorte de « télé familiale ».

Cahier des charges de base

Fonctionnalités :

  • Afficher un agenda partagé de façon très lisible sur les 3, 4, 5 prochains jours avec un focus particulier sur les activités du jour de la bénéficiaire. Cet agenda doit pouvoir être mis à jour depuis les outils habituels des utilisateurs.
  • Afficher des messages courts envoyés par email ou SMS par les utilisateurs à la bénéficiaire.
  • Afficher un diaporama des photos les plus récentes.
  • La bénéficiaire doit avoir accès aux informations sans aucune manipulation de sa part.

Contraintes matérielles :

  • L’écran d’affichage doit être très lisible, assez grand, mini 17″
  • Consommation électrique basse (il est possible que l’outil reste 24/24 sous tension s’il n’est pas possible d’automatiser l’arrêt et le démarrage).
  • Préférence pour du matériel d’occasion lorsque possible.

Contraintes logicielles :

  • Logiciels libres et interfaçables avec les outils habituels des utilisateurs.
  • Accès sécurisé, limité aux personnes identifiées.

Contraintes financières :

  • Moins de 200 €
  • Pas d’abonnement mensuel autres qu’un accès internet et de l’espace disque mutualisé sur un serveur.

Ça existe sûrement déjà, non ?

Après une recherche sur le net, je n’ai rien trouvé qui corresponde à ce type de cahier des charges.

Il existe bien quelques solutions de tablettes que l’on peut mettre à jour à distance, mais cela reste des tablettes de petit ou moyen format, pas forcément très chères mais surtout liées à un abonnement mensuel de plusieurs dizaines d’euros (comme cette solution, celle-ci ou celle-là). Au final un budget minimum de 300 € / an.
Oui… La Silver Economie est un marché, messieurs dames…

Après quelques échanges sur les réseaux et notamment avec Mike, j’en suis arrivé à une solution autour d’un ordinateur Raspberry Pi, d’un écran 21″, d’un site WordPress et d’un compte sur un Nextcloud.

Je détaille la solution sans rentrer dans tous les détails car, une fois ces briques posées, de multiples adaptations sont possibles.

La solution bricolée

Matériel utilisé

Comme c’était ma première expérience avec un Raspberry, j’ai opté pour leur dernier né, tout à fait adapté pour les débutants : le Raspberry Pi400. Avec le coffret de départ, j’avais un ordinateur complet pour moins de 110 €. Maintenant, je me dis qu’un Raspberry 3 autour de 80 € était suffisant.

Pour l’écran, j’ai été chez HappyCash, mais j’aurais pu aller chez Emmaüs ou AFB. L’important était pour moi de trouver un écran d’au moins 19″, avec interface DVI (il existe ensuite des câbles adaptateurs pas trop chers pour passer du DVI à l’HDMI, type du connecteur vidéo du Raspberry). J’ai trouvé un écran Phillips 21″, que j’ai préféré au DELL ou au Fujitsu pour sa basse consommation électrique en utilisation. L’écran plus le câble DVI-HDMI m’ont coûté 43 €.

J’aurais pu utiliser directement la télé (qui a des entrées HDMI) et inviter ma maman à utiliser sa télécommande pour aller sur la bonne « chaine », mais j’avais peur que la démarche soit trop compliquée pour elle. Là, elle n’a vraiment rien à faire.

Pour l’hébergement du site et de Nextcloud, je loue un petit VPS Kimsufi à 4 € TTC/mois (il serait possible d’héberger ça directement sur le Raspberry, mais je n’ai pas creusé cette option).

Locigiels utilisés

Côté VPS : Yunohost avec Nextcould et WordPress.

Côté Raspberry : Firefox avec le module tab reloader.

Paramétrage

Côté serveur (VPS)

Une fois WordPress et Nextcloud installés avec Yunohost, l’idée a été de trouver quelques plugins WordPress :

  • Affichage du calendrier partagé :
    • WP-CalDav2ICS qui convertit le calendrier Caldav de Nextcloud au format ICS et le stocke sur WordPress.
    • Puis ICS Calendar qui me permet de mettre en forme le calendrier .ICS récupéré
  • Affichage du diaporama :
    • Smartslider : le plugin est clairement surdimensionné, mais je n’ai pas trouvé un autre diaporama qui pouvait facilement s’afficher dans un widget.
  • Affichage des emails :
    • Postie permet de recevoir des recevoir des emails sur un blog WordPress et de transformer ces emails en billet de blog. J’ai réglé les paramètres pour accepter sur une adresse dédiée les emails envoyés depuis des adresses précises (celles des utilisateurs).
      Cette adresse dédiée est vérifiée toutes les 10 minutes et les emails valides sont automatiquement transformé en articles de blog.
      J’utilise ensuite le widget « articles récents » pour afficher les titres des billets (qui correspondent au sujet de l’email). Seul le titre est affiché (l’idée est d’afficher en gros caractères des messages courts).
  • Sécurisation de l’accès :
    • AAM est un plugin qui permet de définir très précisément des droits d’accès à certaines pages par jeton (token) dans l’url, et non par saisie d’un mot de passe. Cela facilite l’accès : il suffit d’envoyer l’url complète avec le jeton.
  • Bonus : affichage en temps réel de l’heure et de la date du jour
    • Pour ça, je me suis inspiré de ce javascript que j’insère dans un bloc code HTML dans la page principale.

Pour la mise en forme de tout ça, j’utilise le thème Overlay qui me permet sans trop entrer dans le code un affichage aussi sobre que possible.

L’écran est divisé de la façon suivante :

Les images du diaporama sont chargées par les utilisateurs sur un dossier partagé du Nextcloud et protégé par un mot de passe. Les administrateurs sont prévenus de l’arrivée de nouvelles images ; il leur reste à les ajouter manuellement (pour le moment) au diaporama Smartslider de WordPress.

Côté Raspberry

Ne connaissant pas du tout l’environnement du Raspberry, je me suis contenté d’une installation très basique : à la distribution standard, j’ai ajouté Firefox avec le module tab reloader.

La connexion à la page se fait par l’url sécurisée avec le jeton créé par le plugin AAM de WordPress. J’ai paramétré cette page comme page d’accueil, et programmé un rechargement automatique toutes les 10 minutes avec tab reloader (afin d’afficher les mises à jour de l’agenda et les nouveaux messages). Un petit alt-F11 permet de passer en mode « plein écran ».

Et voilà ! 🙂

Pour environ 150 € et 4€ par mois (hors accès internet), nous avons une solution très proche du cahier des charges (il manque les SMS).
Une solution qui pourra continuer à évoluer dans le temps sans coûts supplémentaires (juste du temps à passer 🙂 ).

Améliorations souhaitées

Je pense que WordPress n’est pas la solution la plus optimisée en terme de ressources pour remplir la mission.

Je souhaiterais que le Raspberry démarre Firefox au boot et sur la page d’accueil en mode plein écran, qu’il s’éteigne à minuit et se rallume à 8h. J’imagine que la chose est possible, mais pour le moment je ne sais pas le faire.

Je souhaiterais que les images téléversées par les utilisateurs sur le dossier Nextcloud soient automatiquement prises en compte dans le diaporama. Une fonctionnalité intéressante serait de prendre une image en pièce jointe d’un email et de l’afficher en même temps que le message court.

Quelques idées complémentaires :

  • Imaginer d’autres composants que « Agenda », « Diaporama », « Messages courts » et de composition d’écran.
  • Ajouter de la musique et de la video avec Peertube et Funkwhale par exemple.
  • Si WordPress ou un autre CMS existant : un thème spécialisé dans ces fonctions avec préconisation des modules adaptés.
  • Si développement spécifique : un mode administrateur simplifié pour permettre à des personnes moins à l’aise avec ces outils de piloter l’écran.

La bonne surprise

Le Raspberry P400 étant suffisamment costaud, j’ai ajouté une webcam (25 €) sur le port USB et paramétré un accès VNC afin de contrôler ce petit ordinateur à distance.
Le plus compliqué a été de réussir à trouver comment régler le firewall de la box internet afin d’autoriser l’accès à distance.

Je peux ainsi démarrer une visio avec ma maman ou lui projeter une video sans qu’elle ait à toucher quoi que ce soit.

C’est un plus que je ne visais pas au départ et qui est finalement le bienvenu. Il me reste maintenant à voir comment je peux facilement faire profiter les autres membres de la famille de cette fonctionnalité.

Invitation…

Ce billet est une invitation à partager une réflexion (et j’espère de l’action…) sur un projet visant à contribuer à une plus grande utilisation d’outils informatiques libres et ouverts dans la création et la diffusion littéraire et graphique. Bon… dit comme ça, c’est peut-être pas assez sexy… Mais je fais confiance aux lecteurs et lectrices pour ne pas s’arrêter à l’intro 🙂

Un peu de contexte

Depuis quelques temps déjà (disons 1987), j’explore les solutions numériques.

Depuis 2002, j’applique cette curiosité à Pourpenser, la maison d’édition co-créée avec ma sœur Aline.

Cela nous a permis dès 2004 d’avoir un site marchand et de développer une communauté autour de notre projet éditorial, communauté qui n’hésite pas à aller chercher nos livres en librairie et à parler de nous.

En 2018, dans le cadre du Coll.LIBRIS, l’association d’éditeurs en Pays de la Loire, j’ai proposé une étude autour des outils de gestion utilisés par les maisons d’éditions indépendantes. De cette étude et des rencontres qui ont suivi est né le projet Oplibris fin 2019, projet que nous portons avec les éditions Symétrie, l’aide financière de la région Pays de la Loire et du Coll.LIBRIS.

Depuis le confinement de mars, j’ai pu constater à quel point les habitudes numériques étaient en train d’évoluer et à vitesse accélérée.

L’un des dangers du numérique est la concentration de données dans les mains d’une minorité. Nous le constatons chaque jour avec les outils que nous utilisons à titre privé.

Parallèlement à cette concentration, des alternatives de plus en plus accessibles autour de logiciels libres se développent depuis plusieurs années (un grand merci à une association telle que Framasoft de contribuer à cela).

L’idée…

Mon souhait aujourd’hui serait de mettre mon expérience au service d’un projet commun à destination de créateur·rices et d’éditeur·rices qui souhaiteraient faire un pas de côté et faire ensemble le pari d’outils informatiques libres, tant pour la création que pour la diffusion d’œuvres graphiques et littéraires.

L’idée n’est pas de passer du jour au lendemain d’un outil à un autre, d’un réseau social à un autre, mais de repérer ensemble des alternatives adaptées, d’en faciliter l’accès et l’usage et de les promouvoir auprès de nos publics.

Dans mes récentes recherches, il ne m’a pas semblé repérer un collectif structuré ou en cours de structuration sur ce sujet -> Si tu en connais un, n’hésite pas à me l’indiquer (l’idée n’est pas de réinventer la roue) !

Ce billet a donc pour objet de d’identifier des personnes et structures qui souhaiteraient rejoindre cette vision, cette envie.

Idéalement, j’imagine pour 2021 :

  • un noyau d’une dizaine de personnes avec des compétences complémentaires : design UX, développement, sysop, création graphique, organisation, formalisation, juridique, montage de dossier financier.
  • un premier site qui proposerait des instances Peertube et Funkwhale autour de la création graphique et littéraire, quelques tutoriels sur la création d’images et de mise en page dans un environnement libre (Gimp, Kryta, Inkscape, Scribus), un annuaire des formations existantes et, bien entendu, un accès à l’ERP Oplibris 😉
  • un financement mixte composé d’une part d’abonnements mensuels entre 10 et 20 € donnant accès à un support en ligne et à des ressources complémentaires, et d’autre part d’aides publiques DRAC ou Régions.
  • une communauté active d’une centaine utilisateurs et utilisatrices souhaitant expérimenter et témoigner de leurs usages.

Si l’idée t’intéresse, merci d’utiliser le formulaire suivant pour me faire part de tes coordonnées, souhaits et compétences ou bien rejoins ce groupe sur Mobilizon. Je ferai un point d’ici la fin janvier, d’ici là, bonne fête à toutes et tous !

Pour des légumes en liberté !

Assez régulièrement, je me retrouve à expliquer pourquoi je me méfie des plateformes hégémoniques qui nous fournissent des services et des contenus, souvent de façon gratuite ou pour un prix qui nous semble tout à fait raisonnable.

Je ne nie en rien les services et la facilité d’accès à ces outils qui nous permettent de trouver un magasin, de partager des documents, d’échanger avec des amis ou des inconnus, d’écouter de la musique, de regarder des films, d’acheter des biens difficiles à trouver, de se faire livrer un petit plat…

Au delà de la concentration de données sur les serveurs de quelques très grosses entreprises (et des risques de manipulation évidents), ce qui me gêne, c’est le système dans lequel nous nous enfonçons et les croyances du genre “c’est trop compliqué de faire autrement” qui se mettent en place.

Quelquefois, lorsque j’essaie d’expliquer ça, la personne en face me dit “mais arrête de me faire culpabiliser”. Loin de moi l’idée de jouer cette carte. Non, j’essaie simplement — peut-être maladroitement — de partager du questionnement.

Il faut bien comprendre que, techniquement, les grandes solutions de plateformes sont le plus souvent basées sur des technologies libres et ouvertes associées à quelques briques fermées et brevetées et, à la base de l’internet, il y a beaucoup d’intelligence collective et de biens communs.

Comparaison n’est pas raison, mais voici un petit tableau auquel j’ai pensé pour essayer d’expliquer le cheminement du “tout plateforme” vers le “contributif” en le comparant à l’approvisionnement en légumes frais.

Pour mes légumes…Pour mes données numériques…
J’achète mes légumes en grande surface sans trop regarder la provenance.J’utilise les plateformes qui se présentent à moi et qui proposent un service qui me plaît.
J’achète le plus souvent bio ou local, et de saison, et j’évite les grandes surfaces.J’évite les GAFAM&co, mais j’ai quand même quelques comptes ouverts, parce que c’est super pratique.
Je privilégie les achats bio, locaux et de saison chez un producteur que je connais.Mes emails sont stockés sur mon ordinateur ou un hébergeur que je connais. Mes réseaux sociaux sont libres et décentralisés. Je connais des hébergeurs tel que le réseau des CHATONS .
Je cultive mon jardin avec des plants et des graines que me donnent des amis ou que j’achète auprès de producteurs que je connais.J’ai monté mon propre serveur et j’héberge mes données sur des outils logiciels libres et open source. Je contribue financièrement à la création de nouveaux outils.
Je cultive mon jardin en partie avec des graines issues de mes récoltes et avec celles que j’achète ou récupère ailleurs. Je troque, partage ou revends mes graines et mes plants.J’ai monté mon propre serveur et j’héberge mes données sur des outils logiciels libres et open source. Je contribue financièrement et avec mes compétences (linguistiques, design, développement…) à la création de nouveaux outils.

Bien souvent, nous ne sommes pas dans une case ou une autre. Je peux cultiver mon jardin et aller quelquefois en grande surface “parce que c’est super pratique” (d’autant que toutes les grandes surfaces ne se valent pas).

Je ne dis pas que chacun devrait cultiver son lopin de terre, mais je pense que s’il y avait plus de maraîchers autour de nous, que ce métier était plus valorisé, nous mangerions mieux et nous serions moins nombreux à être tentés d’aller vers une grande surface.

Ce que je cherche à partager dans tout ça, c’est qu’il est sain de se poser des questions, sain de chercher à apprendre, sain d’aller vers ce que l’on ne connaît pas.

Derrière cela, il y a également la question de la société à laquelle nous aspirons. Il me semble qu’une société diverse, riche de ses différences ne peut se satisfaire d’algorithmes contrôlé par quelques multinationales.

Note :
Ce billet n’aurait pas existé sans les rencontres et le parcours geek qui est le mien depuis les années 90. Je pense notamment aux rencontres d’Autrans fin des années 90, début 2000. A l’apport d’initiatives telles que l’AFUL, l’APRIL ou Quadrature du Net. Dédicace toute spéciale à l’équipe de Framasoft qui nous invite à cultiver notre jardin depuis quelques années. Merci à toutes ces personnes qui s’investissent ainsi pour une vie numérique plus sobre et plus inclusive.

Ralentissons !!

Photo : Chris Peeters – CC0

Entre le rapport de l’OMM (organisation météorologique mondiale) publié ce mercredi par l’ONU et qui dresse un état des lieux alarmant et le rapport Planète Vivante du WWF publié ce jeudi (les populations d »animaux sauvages ont chuté en moyenne de 68 % entre 1970 et 2016), il me semble que l’urgence est plus que jamais à ralentir.

Par ailleurs, ralentir est également une option tout à fait intéressante pour limiter la vitesse de propagation d’un virus qui ne se propage que parce que nous bougeons.

La question qui vient ensuite est « Ralentir, soit, mais quelles en seront les conséquences ? » et bien justement, parlons-on, débattons, voyons les problèmes que cela peut générer et imaginons des solutions nécessaires.

A notre petite échelle, entre Angers et Nantes, 3 jours de festival sont organisés pas le Théâtre de l’Evre les 18/19/20 septembre autour de ce thème du ralentissement. Ce festival s’inscrit dans un ensemble plus large de rendez-vous un peu partout en France, Suisse et Belgique dans le cadre de La fête des possibles (tous les rendez-vous sont à découvrir sur le site).

Festival Ralentissons – Le Marillais (49) – 18/19 et 20 septembre 2020

J’espère vivement que les visiteurs ne seront pas seulement dans le mode « Oh ! oui, ralentissons, d’ailleurs, moi-même j’ai déjà beaucoup freiné » mais également dans le mode « Ralentir ? mais et notre économie alors ? si nous ralentissons les achats, que faire de la production en cours ? que ferons les personnes qui perdront leur emploi ? avec quel argent paierons-nous nos prêts, notre loyer ?« 

Car oui, le débat est nécessaire, les enjeux complexes et les solutions multiples.

Liens vers les rapports cités :
https://public.wmo.int/en/media/press-release/united-science-report-climate-change-has-not-stopped-covid19
https://www.wwf.fr/vous-informer/actualites/rapport-planete-vivante-2020

Ce monde d’après… qui existe déjà ?

 

Depuis quelques semaines il n’y a pas une journée sans l’évocation de la naissance d’un monde d’après.

Nombreuses sont les versions, du plus sombre au plus lumineux, mais beaucoup évoquent un monde plus en lien avec le vivant, où les inégalités diminueraient. Un monde où la compréhension de l’autre permettrait d’apaiser les conflits. Un monde où l’être passerait avant l’avoir et le paraître. Un monde où l’équilibre serait plus recherché que le profit…

A sillonner la France et à me documenter depuis une vingtaine d’années, je sais que ce monde là, se construit déjà depuis longtemps : il demande juste à être mis en avant, à être proposé en modèle désirable plutôt que caricaturé ou réservé à des personnes qui ont le temps de sortir du schéma transport-boulot-dodo.

Qu’avec la crise actuelle de nouvelles personnes découvrent qu’une autre façon de penser le monde est nécessaire, je le conçois.
Par contre, pourquoi chercher de nouvelles solutions alors que de nombreuses initiatives qui existent depuis plusieurs décennies ?

Réinventer est souvent joyeux, mais n’est-il pas plus efficace de s’appuyer sur l’existant, de bénéficier de son expérience et contribuer à son amélioration si cela s’avère nécessaire ?

Je ne suis pas historien mais je sais que l’aspiration d’une organisation de la société de façon plus juste n’est pas nouvelle.

Sans remonter les siècles, il me semble que nous avons en France des associations, des entreprises, des collectifs qui œuvrent depuis 15, 20 ou même plus de 50 ans pour des rapports humains apaisés, d’autres manières d’enseigner, une agriculture respectueuse des sols, une économie solidaire qu’elle soit locale ou au delà, une alimentation saine, élément essentiel de notre santé.

Aujourd’hui il existe bien quelques magazines (je pense notamment à Kaizen, L’âge de faire, ou Féminin Bio) mais encore une fois, l’audience reste mineure et nous sommes loin de toucher 25% de la population.

Par ailleurs, la nouveauté faisant vendre, lorsque des projets sont présentés dans les médias généralistes, ce sont souvent de nouvelles ou récentes initiatives qui sont mises en avant pendant que des acteurs présents sur le terrain depuis de longues années restent invisibles.

La seule exception me semble être Carnet de campagne sur France-Inter. Un grand bravo et merci à Philippe Bertrand pour sa ténacité.

Je parlais par exemple dernièrement avec Anne-Laure Nicolas : l’écolieu du Bois du Barde a plus d’une dizaine d’années. Ce projet est riche d’expériences à partager. Je pense également à nos maraichers, Irène et David, (en bio depuis 1996 et non travail du sol depuis 2012). Qui connait ces projets en dehors du bouche à oreille ?

Je suis certain que chacun·e de nous connaît ainsi 1 ou 2 projets exceptionnels dont aucun média ne parle et qui nous montre que ce monde d’après existe déjà.

Je prends ici un engagement : si d’ici à septembre ce billet totalise plus de 100 liens vers des initiatives porteuses de solutions de plus de 10 ans d’âge et qui n’ont pas eu un article dans un média national depuis au moins 5 ans, je mettrais alors toute mon énergie pour réaliser un annuaire de ces initiatives et les faire connaître.

Faisant cela, j’ai bien conscience que je n’invente rien : le collectif pour une transition citoyenne s’active depuis des années pour mettre en lumière ces multiples initiatives. La fête des possibles est de mon point de vue un projet totalement sous médiatisé et qui devrait mériter toute notre attention.

 

Passer de Covid à co-vie, de la vie confinée à la vie qu’on fait naître.

Beaucoup d’échanges avec mes ami·e·s et au delà sur les fondements de cette crise sanitaire et ses répercutions.
En cette période de confinement les débats sont nombreux ici et là. Seront-ils féconds ?
De nombreuses certitudes sont ébranlées, et l’humain est généralement mal à l’aise avec l’inconnu.
Simplifier pour éviter l’angoisse existentielle, opter pour de nouvelles croyances, de nouveau mythes, se rattacher à l’image du chef…
Même si je suis de nature plutôt optimiste, que j’aime l’humain pour sa créativité et sa capacité d’adaptation, j’ai bien peur que nous ne soyons pas sortis de l’auberge avant un petit moment.
Penser que cette crise est l’échec « du modèle actuel » c’est une facilité qui risque tout simplement de ne pas bien définir ce que l’on nomme « le modèle actuel ». Devant un tel chaos, il me semble évident que chacun essaie d’y voir ce qui lui parle et comment faire de tout ceci un ensemble d’opportunités.
Je pense qu’il nous faut donc prendre le temps de bien ressentir ce que nous vivons aujourd’hui et de là, imaginer, visualiser puis tracer ce que l’on souhaite pour demain. Je n’ai aucun doute que beaucoup ont déjà « des plans pour l’après » (et le fait d’injecter des milliards dans le système a bien pour but de faire que ça « puisse continuer »).
Le plus compliqué à mes yeux est d’être honnête avec les dépendances que nous avons. De choisir les inter-dépendances que nous souhaitons et d’en mesurer les enjeux.
Cette période a un côté vertigineux : ce que nous vivons là n’a jamais été vécu à cette échelle. Les prévisions, les modélisations auxquelles nous pourrions nous rattacher sont très instables. Je n’aimerais pas être à un poste de décision actuellement.
Intuitivement, j’ai plutôt tendance à penser que nous avons intérêt à penser à l’échelle locale et imaginer les interconnexions possibles. Il me semble plus que jamais intéressant de regarder les modèles permaculturels, de penser symbiose, synergies et coopération, mais je ne doute pas que certains préfèrent imaginer des solutions autour d’une vision, d’un chef.

Je suis curieux de voir ce que nous ferons des mois et années à venir.

Alors, tu la sens ma grosse fin d’année ?

Crédit photo : Imagine Ent/Kobal/REX/Shutterstock

Nous arrivons dans la période de l’année qui provoque en moi le plus de dissonances.
Les jours sont de plus en plus courts, je ressens le besoin de ralentir.
A côté de ça, nous approchons de la folie de la fin de l’année avec son cortège d’injonctions commerciales, de festivités planifiées et une effervescence qui transpire du moindre email reçu.

Sur le plan personnel, cela fait déjà pas mal de temps que je me détache de tout cela, mais sur les plans familiaux, sociaux et professionnels, cela reste difficile.

Professionnellement, la fin d’année est un moment important pour notre maison d’édition : les mois de novembre et décembre sont des mois doubles, voire triples et contribuent à l’équilibre annuel de l’entreprise.
Compliqué d’échapper à cela, de ne pas céder à la tentation : de proposer des offres « spéciales fin d’année », d’intensifier la communication et surfer sur la fièvre ambiante. D’autant que nous avons un beau projet et des livres riches de sens non ?

Familialement, même si les enfants grandissent, chacun prépare plus ou moins sa petite liste, émet ses vœux, commence à penser aux fêtes à venir et les choses s’organisent pour ces quelques jours de retrouvailles et d’agapes.

Autour de nous, c’est toute la société qui semble au diapason. Oh… il y a bien quelques petites voix qui retentissent ici et là, mais combien sommes-nous à oser le dire pour combien qui se taisent ?

Oui, je pourrais me mettre en retrait, déployer la carapace, hiberner et ne revenir qu’à la mi-janvier lorsque, repus de frangipane, nous reprendrons collectivement une vie à peu près normale. Mais j’aime trop la compagnie de mes frères et sœurs humaines pour disparaître ainsi presque 2 mois.

J’aime les fêtes, j’aime partager… mais j’ai du mal avec le côté « c’est maintenant, et pour tout le monde« .

Quelles alternatives joyeuses et constructives pourrais-je déployer pour me sentir en phase avec mes aspirations, tout en ne me coupant pas du monde autour de moi ?

Si toi aussi, tu ressens cela et cherches de nouvelles pistes, alors n’hésite pas à me partager tes idées. Je fais le pari que je ne suis pas un extraterrestre et que les questionnements que je peux avoir sont plus largement partagés que je le crois.

 

Le jour où j’ai pris la parole lors d’une marche pour le climat…

Ce 8 décembre je me suis retrouvé embarqué dans une belle aventure.

Je n’avais pas vraiment prévu prendre la parole publiquement lorsque sur la place des Halles d’Ancenis plus de 200 personnes posaient pour la photo.

Et puis me rappelant les paroles de Cyril Dion le matin même sur France-Inter, je me suis lancé, avec le cœur.

Je serai bien incapable de faire le verbatim, mais voici en substance ce que j’ai souhaité partager :

Je suis actuellement pris entre deux émotions. La peine et la joie.

La peine car ces derniers jours nous montrent que certaines personnes ne pensent plus avoir d’autre choix que le recours à la violence pour se faire entendre.
Qu’est donc devenue notre société si le dialogue – le véritable dialogue – pas le « je vous entends mais ça ne changera rien », n’existe plus ?
La peine car nous continuons à polluer tant et plus, à détruire notre environnement.

La joie car lorsque nous avons lancé cette idée de rassemblement sur Ancenis nous ne nous attendions pas à avoir autant de monde ce matin.
La joie car, ici sur Ancenis et dans plusieurs dizaine de villes en France des gilets jaunes se joignent à la marche pour le climat.
La joie car nous avons conscience qu’injustices sociales et injustices environnementales peuvent se résoudre ensemble.

Tout cela, demande de revoir en profondeur le système de société dans lequel nous sommes englués.

Le système de société dans lequel nous vivons arrive à bout de course : la croissance infinie est une illusion qui ne prend plus. Pire : ce système crée des inégalités et détruit la planète.

Nous avons besoin de temps, d’échange.
Nous avons besoin d’apprendre à mieux nous connaître, à imaginer ensemble notre futur.

Nous avons la chance d’être sur un territoire suffisamment riche et divers pour nous permettre d’expérimenter et d’encourager les innovations sociales et écologiques.

Au niveau local j’aimerai que nous disposions d’un grand lieu où en permanence pourrait se retrouver citoyennes et citoyens pour échanger et expérimenter.

De nombreuses initiatives existent déjà : prenons le temps de les étudier.

C’est ensemble et unis que nous aurons une chance de changer la direction prise depuis trop longtemps.

 

Plus d’infos sur la Marche Climat à Ancenis ce 8 décembre :
le billet sur le site de Campanulel’article de Ouest-France