Le jour où j’ai pris la parole lors d’une marche pour le climat…

Ce 8 décembre je me suis retrouvé embarqué dans une belle aventure.

Je n’avais pas vraiment prévu prendre la parole publiquement lorsque sur la place des Halles d’Ancenis plus de 200 personnes posaient pour la photo.

Et puis me rappelant les paroles de Cyril Dion le matin même sur France-Inter, je me suis lancé, avec le cœur.

Je serai bien incapable de faire le verbatim, mais voici en substance ce que j’ai souhaité partager :

Je suis actuellement pris entre deux émotions. La peine et la joie.

La peine car ces derniers jours nous montrent que certaines personnes ne pensent plus avoir d’autre choix que le recours à la violence pour se faire entendre.
Qu’est donc devenue notre société si le dialogue – le véritable dialogue – pas le « je vous entends mais ça ne changera rien », n’existe plus ?
La peine car nous continuons à polluer tant et plus, à détruire notre environnement.

La joie car lorsque nous avons lancé cette idée de rassemblement sur Ancenis nous ne nous attendions pas à avoir autant de monde ce matin.
La joie car, ici sur Ancenis et dans plusieurs dizaine de villes en France des gilets jaunes se joignent à la marche pour le climat.
La joie car nous avons conscience qu’injustices sociales et injustices environnementales peuvent se résoudre ensemble.

Tout cela, demande de revoir en profondeur le système de société dans lequel nous sommes englués.

Le système de société dans lequel nous vivons arrive à bout de course : la croissance infinie est une illusion qui ne prend plus. Pire : ce système crée des inégalités et détruit la planète.

Nous avons besoin de temps, d’échange.
Nous avons besoin d’apprendre à mieux nous connaître, à imaginer ensemble notre futur.

Nous avons la chance d’être sur un territoire suffisamment riche et divers pour nous permettre d’expérimenter et d’encourager les innovations sociales et écologiques.

Au niveau local j’aimerai que nous disposions d’un grand lieu où en permanence pourrait se retrouver citoyennes et citoyens pour échanger et expérimenter.

De nombreuses initiatives existent déjà : prenons le temps de les étudier.

C’est ensemble et unis que nous aurons une chance de changer la direction prise depuis trop longtemps.

 

Plus d’infos sur la Marche Climat à Ancenis ce 8 décembre :
le billet sur le site de Campanulel’article de Ouest-France

Prime à la conversion ou soutien au secteur automobile ?

Cette aide remporte un vif succès, nettement plus que les prévisions attendues. Mais quelles seront les répercutions à terme ?

Naïf que j’étais, je me disais que derrière le mot conversion il fallait comprendre : « conversion vers une société plus sobre en énergie et plus respectueuse de l’environnement« .

Et bien non, derrière le mot conversion il faut comprendre : « conversion de votre véhicule thermique vers un autre véhicule thermique, électrique ou hybride« .

Aucune incitation à limiter le nombre de véhicules en circulation, passer de la voiture au vélo ou à tout autre mode de déplacement doux.

Bref, l’objet est clairement une subvention au secteur automobile et non une décision politique forte pour aider notre société à réduire son empreinte environnementale.

Prenons l’exemple d’un foyer non-imposable disposant d’un véhicule diesel de 2006.

Avec un crédit pour acheter une petite voiture essence ou électrique (compter entre 7000 € et 15000 €) il peut alors mettre le diesel à la casse et demander une aide de 2000 € (car oui, il doit d’abord dépenser l’argent qu’il n’a pas pour ensuite demander une aide).

Aujourd’hui, nombreux sont les véhicules qui ne servent pas tous les jours (des plate-formes de mutualisation existent pour aider en ce sens). Par ailleurs, il reste toujours possible de louer occasionnellement auprès d’un professionnel ou de s’équiper de bons vélos.

Ces options (et bien d’autres) globalement intéressantes pour la société ne sont absolument pas prise en compte dans l’aide à la conversion.

Donc, je répète ma question : prime à la conversion ou aide au secteur automobile ?

 

 

 

 

Avant nous avions la danse de la pluie…

Avant nous avions la danse de la pluie, aujourd’hui nous avons les marches pour le climat.

Lors de ces danses, c’est avec espoir que nous nous adressions aux esprits du vent et de la nature.

Lors de nos marches, c’est avec détermination que nous nous adressons aux élus et aux dirigeants des multinationales.

Très sincèrement, je ne sais pas ce qui est le plus efficace.

Par contre, rien ne m’empêchera de mettre mon cœur dans ce que j’estime beau et juste.

En attendant, je ré-écoute Nino Ferrer

Voir Venise et construire

Toutes les personnes auxquelles j’en parlaient étaient unanimes : Venise est magique, si l’on dépasse les lieux hyper-touristiques et les boutiques qui vont avec, cette ville dégage une ambiance toute particulière à laquelle il est difficile de rester insensible.

Par contre, personne ne m’avait dit à quel point Venise pouvait être un modèle d’inspiration pour l’avenir de nos communes.

S’inspirer de Venise pour repenser la ville du XXIe siècle

Avec ces 8 km² (50 % des communes françaises font entre 5 et 15 km²) et ces 55.000 habitants, le cœur de Venise propose un modèle d’organisation assez unique.

Les rues sont totalement piétonnes et les transports motorisés sur les canaux essentiellement consacrés aux transports en communs, transports de marchandises et véhicules professionnels.

Les magasins sont livrés à quai ou par chariot. Les déchets sont collectés chez l’habitant ou déposés sur un quai chaque matin.

Les ponts avec des marches (plus de 400 ponts) rendent le vélo impraticable et très compliqué le déplacement des personnes à mobilité réduite (nous n’avons croisé qu’un seul fauteuil roulant sur les 4 jours).

Ce point noir mis à part, je trouve l’organisation de la ville autour de la contrainte liée aux canaux très pertinente. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’architecte et urbaniste danois Jan Gehl fait de Venise sa ville idéale.

L’échelle « à pied » donne une place centrale à l’humain et à notre rythme.

À Venise, il n’y a pas seulement des canaux, mais aussi des places… et des jardins urbains !

 

 

 

Quand ça touche au porte-monnaie…

Climat : le plus gros fonds britannique tire la sonnette d’alarme La forte hausse des températures pourrait avoir de lourdes conséquences sur les marchés financiers, selon un rapport de Schroders. – Shutterstock La hausse des températures pourrait dans les décennies à venir atteindre 4°C par rapport au niveau de l’ère préindustr

Source : Climat : le plus gros fonds britannique tire la sonnette d’alarme

L’écologie comme socle commun

Il n’y a jamais eu autant de personnes que peux contacter directement ou via 1 ou 2 contacts à l’Assemblée Nationale ou au gouvernement.

En même temps, cela ne me réjouit absolument pas : nous battons des records d’abstention et je ne me retrouve pas dans les premières mesures annoncées par Emmanuel Macron.

Ce qui me désole le plus c’est le manque de projets à court terme couplée à une vision à long terme des questions d’écologie.

Compte tenu des urgences actuelles, l’écologie devrait être la colonne vertébrale de tout projet politique sérieux.

Qui que nous soyons, nous ne pouvons faire sans le vaisseau Terre.

Partant de ce principe, pourrions-nous imaginer un mouvement transversal qui réunirait des écologistes venant de différents partis ? Pas forcément un mouvement d’ailleurs, plutôt un groupe d’échange, de réflexion et de propositions. Un groupe qui permettrait de définir de grandes lignes communes visant à réduire l’empreinte environnementale et à restaurer les écosystèmes.

Les personnes appartenant à ce groupe de réflexion, ou qui en partageraient les idées, auraient pour objectif de traduire ces grandes lignes en objectifs cohérents avec les idées de leurs propres partis.

Bref, une forme de lobbying écologique politique transparent.

(bon… je dis ça… mais d’un autre côté, je n’ai jamais vraiment compris l’intérêt des partis politiques pour des citoyens tels que moi qui ont du mal à adhérer en bloc à un ensemble d’idées formatées)

Ce nouveau monde qui ne demande qu’à naître…

Cette prise de parole de Valarie Kaur m’a rappelé cette phrase d’Antonio Gramsci sur les crises, les monstres et ténèbres.
Ce n’est qu’en prenant conscience et en acceptant la situation que nous pourrons la transformer.
Oui, respirons, crions si cela nous soulage, mais laissons nos peurs de côté, et ensemble accouchons de ce monde plus juste qui ne demande qu’à naître.

Merci à mon amie Sandrine Roudaut d’avoir partagé cette video plus tôt dans la matinée et de m’avoir permis de découvrir ainsi le parcours et l’engagement de Valarie Kaur (notamment son projet Revolutionary Love).

Oui Sandrine, tout cela résonne parfaitement avec ton livre « Les Suspendu(e)s ». Ce cri du cœur parle fort et juste.
Merci à toi sœur de sens.